L'évolution actuelle des technologies et l'utilisation de
nouveaux matériaux induit une complexité
croissante des
modèles à traiter en théorie des
systèmes.
Un des aspects de cette complexité est la
modélisation
à l'aide d'équations aux
dérivées
partielles (EDP), liée à l'aspect
distribué des
phénomènes tels que la propagation d'onde ou la
diffusion. Dans ces cas l'équation dynamique lie le domaine
temporel au domaine spatial. L'aspect distribué des
variables
utilisées pour la modélisation induit une
infinité
de variables d'état et les outils traditionnellement
utilisés en automatique sont inutilisables directement. Bien
qu'apparaissant dans de nombreux domaines de la physique
(électromagnétisme, mécanique,
optique,
génie des procédés) le traitement de
ce type de
système nécessite des concepts
mathématiques
complexes (associés à la dimension infinie) pour
le
traitement direct des équation ou pour leur approximation
(discrétisation-réduction), confinant souvent
l'étude de ce type de phénomènes
à la
communauté mathématicienne.
Présentation
Dans ce groupe de travail on adopte
une approche « système » pour la
modélisation , l'analyse et la commande des
procédés dynamiques régis par des EDP.
L'objectif est de regrouper et de croiser les expériences
autour des systèmes de dimension infinie, en
mélangeant des chercheurs de communautés
différentes, chacune d'entre elle tirant
bénéfice de l'expérience de l'autre.
En particulier la communauté de l'ingénierie
trouve des réponses à ses problèmes
théoriques auprès de la communauté
mathématicienne. D'autre part cette dernière
s'enrichit de la physique et des applications réalistes pour
améliorer ses développement théoriques
et leur applicabilité. Une des particularités des
activités du groupe réside dans l'aspect ouvert
(entrées-sorties) des systèmes
considérés contrairement à beaucoup de
cas traités dans la littérature en physique ou en
électromagnétisme. Enfin, il est courant que les
systèmes régis par des EDP soient
approximés par des systèmes de dimension finie
pour leur traitement à base de méthodes issues de
l'automatique classique. C'est un des thèmes
abordés dans le cadre de ce groupe de travail. On
s'intéresse en particulier à l'influence du choix
de la méthode de discrétisation sur la dynamique
du système considéré.
Sur le plan scientifique:
D'un point de vue scientifique, le traitement des systèmes de dimension infinie dépend du niveau de complexité du système initial et de la généricité des résultats désirés. Dans le cas non linéaire, peu de résultats généraux existent. Les travaux actuels portent sur l'analyse des propriétés des solutions grâce aux approches géométriques mais peu de résultats permettent d'évaluer l'existence théorique de ces dernières. On peut noter tout de même les travaux autour des systèmes de lois de conservation à l'aide des invariants de Riemann, qui permettent à partir de la méthode des caractéristiques de conclure à l'existence et la stabilité d'une trajectoire dans un voisinage donné. Ce type d'approche est développé autour des systèmes de canaux d'irrigation par les laboratoires de mathématique de l'Université d'Orsay et l'Université de Versailles Saint Quentin, le LAGEP (Université de Lyon), le LAAS (Toulouse), l'Université de Namur. L'analyse fonctionnelle est aussi utilisée pour l'analyse d'existence et de propriétés (commandabilité) des solutions d'équations aux dérivées partielles non linéaires particulières (Korteweg-de Vries par exemple). En parallèle à ces travaux, plusieurs équipes s'intéressent à la modélisation à proprement parler des systèmes ouverts régis par des EDP (linéaires ou non linéaires). On notera les approches basées sur la diffusivité développées à l'ENST (Paris), à l'ISAE (Toulouse), au LAAS (Toulouse) ainsi que la modélisation à laide de systèmes fonctionnels à l'INRIA Sophia Antipolis. On notera aussi le développement des approches Hamiltoniennes à port pour la modélisation des systèmes de dimension infinie ouverts dans le cas linéaire et non linéaire, au LAGEP (Lyon), FEMTO-ST/AS2M (Besançon) et l'Université de Twente (Pays Bas). Ces méthodes sont aussi utilisées pour la réduction des systèmes EDP afin de conserver certains invariants. Dans le cas linéaire la théorie des semigroupes permet l'obtention de résultats forts au niveau de l'analyse et la commande des systèmes régis par des EDP. L'accent est mis en particulier sur les problèmes de contrôle frontière dont la difficulté réside dans le fait de l'opérateur d'entrée est non borné. Ce formalisme, dit des systèmes abstraits, est le formalisme qui se rapproche le plus du formalisme d'état utilisé en dimension finie. Plusieurs laboratoires travaillent sur des problèmes de contrôle frontière à base de semigroupes: le LAGEP, l'INRIA-Institut Elie Cartan, le LAAS, le CASE Mines de Paris, le MAPMO, l'Université de Compiègne. De nombreux résultats novateurs sur les plans théoriques et applicatifs ont été mis en évidence au cours de ces quatre dernières années. En particulier l'approche Hamiltonienne à ports a permis d'établir des critères de stabilité pour une classe importante de systèmes linéaires de dimension infinie en dimension 1, couvrant les systèmes d'équations d'ondes, les poutres, les systèmes de diffusion etc … Un autre axe de recherche a porté sur la modélisation et la commande de systèmes fractionnaires à retard et/ou de type neutre. Ces travaux ont été développé en particulier par l'INRIA Rocquencourt, l'IRCCyN (Nantes), l'Université de Leeds. D'un point de vue applicatif, les approches mentionnées précédemment ont été appliquées sur de nombreux systèmes réels tels que des systèmes optiques, des canaux d'irrigation, des procédés d'adsorption, des réacteur tubulaires, des instruments à vent, des systèmes mécaniques de convoyages de fluides, des systèmes de surveillance de la houle marine, des systèmes quantiques et des systèmes éléctromagnétiques.
Ce groupe de travail se propose de se réunir environ trois
fois par an, dans différents laboratoires
français. Chaque journée de réunion
est organisée soit par le groupe de travail EDP uniquement,
soit en collaboration avec d’autres groupes de travail du GDR
MACS, ou même avec d’autres groupements de
recherche. Les réunions donnent l’occasion de
quelques présentations scientifiques sur des
résultats nouveaux ou sur ou à des
exposés tutoriels. Ce sont aussi des occasions pour
s’informer sur la vie scientifique (appels à
projets, organisation de session invitée, de
numéraux spéciaux…) de la
communauté travaillant sur la théorie et
applications de la commande des systèmes à
paramètres répartis.